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[Fic] Sans nom

 
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Sariel69
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MessagePosté le: Mer 21 Sep - 21:30 (2011)    Sujet du message: [Fic] Sans nom Répondre en citant

Voila ma première fic, je précise que "sans nom" est bien le titre de celle-ci, bonne lecture.



Une dispute de plus… la même peur… celle de la perdre. Les mots pèsent lourd dans ces cas-là, ils prennent de l’ampleur, piquent au vif.
Je réfléchissais d’autant plus. Mes pensées se bousculaient, certaines s’évadaient, d’autres restaient, les bonnes ? Je ne savais pas. Je cherchais en vain des arguments, cohérents ou pas, je m’en moquais, je voulais continuer de parler avec elle.
Je chérissais ces seuls moments d’échange. D’un point de vue extérieur, cela pouvait paraitre pénible mais pour moi, ils étaient importants. Je ne dirais pas que je suis heureux comme ça, je me contente de vivre à ses côtés, la peur de la solitude sûrement… ses allers et venues arriveront toujours à me donner ce petit et si significatif pincement au cœur. Je pense l’aimer encore mais le temps a laissé son empreinte et la flamme qui m’habitait ne ressemble plus qu’à une faible lueur.

Elle continuait de parler, elle n’avait presque pas changé depuis tout ce temps. Elle était petite, fine et ses vêtements laissaient transparaitre ses muscles, signe de son expérience acquise durant ces années. Son visage était fin, sa peau mate, son nez légèrement retroussé, ses lèvres presque inexistantes. Seules quelques rides apparaissaient comme les témoins du temps sur le coin de ses yeux vairons, l’un bleu, l’autre vert. Ses cheveux, coupés court, d’un noir profond, durcissaient son visage déjà déformé par la colère, colère qui me tira hors de mes pensées.

« C’est toujours pareil, je dois te rassurer à chaque fois que je pars et quand je reviens, j’ai droit à un interrogatoire. Je passe plus de temps à m’expliquer qu’à me reposer, ça ne peut plus durer.
-C’est de ma faute si à chaque fois que tu pars, je n’ai plus de nouvelles ? »

Elle soupira.

« Tu sais bien qu’on ne peut rien faire dans ces cas-là, les seuls moments de répits que l’on a là-bas ne nous servent qu’à nous rassasier pour mieux finir le travail, je n’ai pas le temps de donner de nouvelles ! »

Je le savais bien sûr, mais je ne trouvais plus mes mots, nous subissions ces disputes depuis 10 ans, inlassablement et elles se finissaient toujours de la même façon.
« Je vais faire un tour, dis-je

-Fais attention, une tempête se prépare, et ce n’est jamais bon signe. »

Cette mise en garde me touchait et je me sentais déjà moins en colère en sortant de chez moi. Je me mis en marche, sans autre but que celui de me calmer, de réfléchir. La nuit commençait à tomber, à l’inverse du vent, chaud et sec, qui se levait.
Je contemplais la ville. Ses habitations qui se fondaient aux pierres couleur ocre, caractéristiques de cette région désertique, sa porte principale, immense, imposante, faisant office de rempart contre les dangers qui sévissaient au-delà des murs de l’enceinte. A l’opposé, le port. Je voyais les bateaux et drakkars amarrés au seul quai disponible. Les autres avaient subis des dégâts lors de la dernière tempête et les routes étaient devenues plus dangereuses dernièrement, ce qui rendait le transport des matériaux difficile.

Je me dirigeais vers l’oasis, seul point d’eau disponible ici. Les rues étaient éclairées par les nombreux insectes vivant dans le désert. La ville fût construite près des lieux de reproduction de ceux-ci, c’était une façon comme une autre de s’adapter, loin des moyens technologiques des grandes villes du monde.
J’arrivai finalement au bord de l’eau. Quelques arbres arboraient difficilement leurs maigres fruits, ils avaient connus de meilleurs saisons et l’abondance en nourriture que nous avions connu il y a quelques temps n’était plus qu’un souvenir plaisant, que les enfants aimaient à se rappeler de temps en temps.
Je me penchai pour regarder mon reflet dans l’eau. Mon visage laissait transparaitre la fatigue de ces derniers jours. Mes yeux, d’un vert sombre, étaient gonflés. J’avais la peau sèche, j’étais pâle. Les quelques cheveux gris que j’avais se mêlaient aux autres, noirs cette fois, en un amas sale. Leur longueur n’arrangeait pas mon allure et il y avait longtemps que je n’avais pas pris de bain, l’eau se faisant rare depuis quelques mois.
Je me relevai, je n’étais pas particulièrement maigre, ni particulièrement fort, je ne dégageais rien de particulier mais j’avais acquis de l’expérience grâce aux récits de ma femme. J’étais quelqu’un en qui on pouvait avoir confiance, quelqu’un de banal en somme.

Je remarquai la fermeture des derniers magasins et compris qu’il fallait que je rentre chez moi. Je m’étais finalement calmé.

Il faisait totalement nuit maintenant et on pouvait déjà apercevoir les étoiles, jalouses de l’éclat de la pleine lune. Elle était magnifique, inaccessible, je ne pouvais pas me défaire facilement de cette vision d’immensité. Elle paraissait si loin…
La colère avait laissé place à la tristesse et je trainais le pas, espérant que ma femme serait déjà couchée quand je rentrerais.
Quelle ne fut pas ma surprise de voir Axel, vêtu de son armure, discuter avec elle autour de la table du salon. En me voyant, ils cessèrent.

« Bonsoir Axel.
-Bonsoir, comment vas-tu ?
-Bien et toi ?
-Bien, comme tu vois. »

Nos conversations n’allaient guère plus loin et je ne voyais pas l’intérêt de les continuer, non pas que je le détestais bien sûr mais je n’avais jamais été vraiment à l’aise en sa présence.
Il me fixa. Ses traits étaient durs, son visage était blanc, son expression inflexible, il ne laissait transparaitre aucune émotion, comme à son habitude. La lueur de la bougie sur la table semblait faire briller sa cicatrice si caractéristique de son expérience ; elle avait d’ailleurs emporté son œil gauche.
Après quelques secondes, il se leva et s’adressa à ma femme.

« Je vous laisse, retrouve moi à l’aube sur le pont, dit-il.
-Très bien j’y serais, répondit-elle. »

Il passa à côté de moi, se retourna et m’adressa un signe de tête en guise d’au revoir. Il était physiquement impressionnant du haut de ses deux mètres. Je voyais cette masse de muscle s’avancer vers la porte, je n’aurais pas été étonné de le voir l’arracher en voulant l’ouvrir. Ses larges épaules, qui avaient déjà du mal à se glisser à travers la moindre ouverture n’en étaient que plus impressionnantes grâce à son armure. Il baissa la tête pour éviter de se cogner mais ses cheveux noirs en brosse touchèrent tout de même l’encadrement de la porte.

Je la refermai derrière lui, la maison était silencieuse maintenant, seul le bruit du vent au dehors semblait vouloir briser ce silence si familier. Je ne voulais pas me retourner, je savais ce qui allait se passer mais je voulais retarder l’échéance.
Ce fût elle qui fit le premier pas, je sentais ses bras s’enlacer autours de moi. Son cœur battait lentement sous sa poitrine, il faisait déjà chaud dans la maison mais je ne pouvais me détacher de cette douce chaleur qui émanait d’elle. Je me retournais puis l’enlaçais à mon tour, nous sommes restés comme cela pendant quelques minutes quand enfin je trouvais la force de parler :

« Tu dois y retourner ?
-Oui.
-Lequel est-ce cette fois ?
-Le même que celui qui nous a attaqué il y a quelques mois. Des éclaireurs sont tombés sur une tempête, un seul a survécu et ce n’était pas un phénomène naturel. Il est revenu. »

Nous ne nous regardâmes pas, cela aurait été inutile, nous nous étions parfaitement compris.

« Allons dormir, dis-je, tu dois être en forme pour demain. »

Elle acquiesça.

Je ne puis dormir cette nuit-là, je savais que ce n’était pas une mission ordinaire, les chances de survie contre ce monstre étaient infimes. Je me contentai donc de la regarder dormir. Son visage était éclairé par la lune et je ne pouvais m’empêcher de ressortir un élan de tendresse face à ce magnifique spectacle.

Elle se réveilla, le moment était arrivé, je la regardais se lever, se préparer et la vitesse à laquelle elle enfilait son armure me laissait toujours aussi perplexe. Sa dextérité me rassurait, rien ne semblait pouvoir lui arriver. Il ne lui restait plus que son casque, accroché sur le mur, son immense corne était abimée par endroit mais son état ne ternissait en rien l’aura qui se dégageait de celle-ci. Un autre monstre du désert, une autre histoire.
Son arme était appuyée contre le mur. Contrairement à son armure qui fût fabriquée de façon à ce que la liberté de mouvements soit optimale, son arme était lourde, massive. Le canon était encore sale de sa dernière mission, des traces noirs jonchaient la crosse et du sable s’était infiltré dans le baril.

« Il faudrait que je passe chez le forgeron avant d’aller au port, dit-elle avec un sourire.
-Je confirme, lui répondis-je en lui tendant son casque. »

Elle prit son arme. Elle était en totale opposition avec son gabarit et cette vision me fit sourire. Elle me tapa à l’épaule, feignant d’être vexée puis m’embrassa sur la joue. Je l’accompagnais à la porte. Elle posa son attirail et me regarda avec tendresse. En la prenant dans mes bras je ne pouvais m’empêcher de penser à notre dispute d’hier, quel idiot !
Elle devina mes pensées et m’embrassa langoureusement.

« Oublie, c’est du passé.
-Tu me connais vraiment par cœur, lui dis-je avec un sourire.
-Ce n’est pas pour rien que j’ai épousé monsieur. »

Je riais.

« Fais attention à toi Alice.
-Promis. »

Je la regardais s’éloigner. Elle ne voulait pas que je la vois partir du port, simple habitude. Je devais donc me contenter de cette vision et ce pincement au cœur si familier me fit verser une larme qui alla se perdre dans le sable sous mes pieds.

Je regagnais notre chambre et me préparais à mon tour, il ne me fallût pas longtemps pour enfiler un autre vêtement, en cuir cette fois, loin du complet léger que je portais habituellement lors de mes moments de repos.
Je sortis. L’air ambiant était déjà chaud et quelques perles de sueur apparurent sur mon front. Je me mis à regretter ma tenue mais il était trop tard pour me changer, j’étais déjà en retard. Tandis que je pressais le pas, je voyais les premiers signes de vie de la journée. Les personnes les plus matinales ouvraient leurs fenêtres ou balayaient devant leur porte, cette dernière manie m’avait toujours intriguée, sachant que nous vivions dans le désert et que le vent était omniprésent, je considérais cette tâche comme une perte de temps.
 

J’arrivais finalement à ma boutique, ma petite fierté même si avec son aspect terne, ses dimensions relativement faibles et ses façades en bois mal travaillé était loin d’égaler les grands magasins de la ville. Au-dessus de la porte était accroché l’enseigne, couleur miel. On pouvait apercevoir dans la vitrine les différents produits qui constituaient ma marchandise avec à gauche les minerais, à droite les végétaux. Je faisais aussi dans la création d’objets, du moment que cela restait dans mes cordes.
 

Même si elle ne payait pas de mine, le vendeur lui, était de qualité, ce qui était rare ces temps-ci. On en voyait en effet de plus en plus sans une once de savoir, feuilletant à la moindre question leur manuel écrit par un personnage pompeux dont personne ne se rappelle le nom. Certains pourraient qualifier cela de jalousie, moi j’appelle ça du discernement, je connaissais mon métier et j’en étais fier.
 

J’entrai. La tignasse blonde de Lars dépassait de derrière le comptoir, il semblait chercher quelque chose. En entendant les clochettes de l’entrée, il se redressa et en me voyant, m’adressa un sourire.
 

« Salut patron, z’êtes en retard.
-Désolé, Alice a eu une....
-Pas d’soucis, j’comprends. »
 

Ce gosse… il n’avait pas la moitié de mon âge et pourtant il faisait preuve de plus de maturité que la plupart des personnes qu’il m’ait été donné de rencontrer. Avec son air désinvolte, accentué par des bâillements incessants, son pantalon rapiécé et sa tunique bon marché, le contraste était intéressant. J’avais plus confiance en lui qu’en quiconque, mis à part ma femme.
 

« Bon, tu as vérifié les commandes ? Demandais-je en m’essuyant le front.
-Ouep, rien de spécial, le doyen doit passer confirmer l’achat du charbon et la vieille aux chats a encore commandé dix paquets de felvines.
-Lars… dis-je avec un sourire.
-Ouais je sais, désolé patron. »
 

Je ne pouvais m’empêcher de m’amuser de sa façon de parler mais je voulais qu’il modère cette habitude, du moins devant les clients.
 

« Bon, je vais à l’atelier, on commence à manquer de marqueurs, continuais-je.
-Ok, j’finis la préparation de la caisse et j’m’attaque au nettoyage de la vitrine, à croire que l’sable passe à travers. »
 

La journée se passa sans encombre et la fatigue commença à me gagner, conséquence d’une nuit blanche de trop. Je libérai le garçon de ses obligations et m’occupais de la fermeture de la boutique. En rangeant la caisse, je me mis à penser à Alice, elle avait dû arriver à destination maintenant, vérifiant son matériel, révisant une dernière fois sa stratégie. Je m’inquiétais.
Je sortis en prenant soin de bien fermer la porte derrière moi. Une fois ma demeure regagnée, je m’allongeais de tout mon long sur mon lit et m’endormit sans autre forme de procès.
 

Les trois prochains jours se passèrent comme les précédents, les mêmes clients, les mêmes affaires, les mêmes blagues, de bonnes journées en somme. Seule mon inquiétude vint ternir ce tableau.
Une fois chez moi, je sortis la poêle pour me préparer à manger mais je fus interrompu par un bruit sourd, on frappait à la porte. J’ouvris, c’était Axel. Son armure, auparavant resplendissante était fissurée à certains endroits et du sang coagulé, disséminé çà et là, traduisait la violence du combat engagé. Cet état me surprit.
 

« Axel ? Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Tu vas bien ? »
 

Ma question était stupide, n’importe qui en voyant le visage de cet homme aurait compris que la situation était grave. On ne discernait rien, à part son œil droit et sa bouche, le reste de son visage était couvert de bandages. Un médecin était vraisemblablement passé par là.
Il tomba à genou, il me regardait et je remarquais que ses bandes blanches foncèrent sous ses larmes. Ce mastodonte d’habitude si fier semblait implorer mon pardon. Je ne mis pas longtemps à comprendre.
 

« Où est-elle ? Demandais-je, étrangement calme
-Au port… sa voix tremblait. »
 

Sans un mot, je sortis. La chaleur était accablante mais je m’en moquais, je courus de toutes mes forces vers le port. Je n’arrivais plus à penser, je me concentrais sur ma course, je n’avais pas le temps d’entendre ce que les gens disaient en me voyant passer à tout allure devant eux. J’arrivais finalement et la première chose qui me sauta aux yeux était l’absence de drakkar, seuls quelques navires de soutien semblaient avoir survécu au carnage.
Sur le quai, des corps, drapés de blanc, mon inquiétude grandit, je n’entendais plus que mon cœur battre contre ma poitrine, je transpirais à grosses gouttes, j’haletais.
 

Je courus vers le médecin, il n’était plus tout jeune mais il n’en laissait rien paraître, tant physiquement que mentalement. Il s’occupait d’un homme qui avait vraisemblablement eu plus de chance que les autres, seul son bras semblait touché.
 

« Doc, où est Alice ? »
 

Il se retourna, me fixa et sans dire un mot, me montra un des corps immobile étendu sur le sol, à trois mètres de moi. Cette fois-ci, je n’entendais même plus mon cœur, je n’aurais pas été surpris qu’il se soit arrêté. Je m’avançais vers elle, seul son visage n’était pas couvert, elle était comme à son départ, belle.
Les larmes montèrent, sans retenu, sans bruit, une tristesse silencieuse, inexplicable. Je m’assis à côté d’elle, pris son visage entre mes mains et déposais un baiser sur ses lèvres, comme pour me convaincre. Elles étaient froides…
 

Le vide… insondable, froid, qui vous prend aux tripes. Je ne pouvais pas m’arrêter de pleurer, la serrant toujours contre moi. Je sentais les regards des personnes alentours posés sur nous mais ils m’étaient indifférents. Au diable mon magasin, mon image, ma vie. Il ne me restait plus rien.
Le médecin s’approcha et posa sa main sur mon épaule.
 

« Je vais m’occuper d’elle, commença-t-il, il vaut mieux ne pas la laisser ici avec cette chaleur.
-Je vais t’aider, lui répondis-je sans le regarder.
-Il vaudrait mieux que tu ren…
-S’il te plait, le coupais-je. »
 

Il soupira, me tira par le bras pour m’aider à me relever, je ne pleurais plus mais mes jambes étaient engourdies. Il recouvrit d’abord le visage d’Alice puis me donna les instructions pour la porter jusqu’au brancard posé à quelques centimètres. Il s’agenouilla, lui prit délicatement la tête et la posa sur ses genoux avant de glisser ses mains sous ses aisselles. Je pris quant à moi ses jambes et nous pûmes ainsi la déplacer. Une fois fait, nous portâmes le brancard jusqu’à un local situé non loin du port.
 

En entrant, je remarquais des bocaux, qui, habités par les même insectes luisants qui grouillaient dehors, éclairaient juste assez la pièce pour que l’on puisse voir, allongés sur des lits côte à côte, d’autres corps. Il faisait plus frais ici qu’au dehors, surement grâce à la fine couche de boue qui recouvrait les murs ; une boue spéciale prélevée sur un puissant prédateur du désert qui une fois travaillée et durcie, possédait la capacité de repousser la chaleur, une belle trouvaille.
 

Nous déposâmes Alice sur le seul lit encore disponible. Je regardais l’homme en face de moi et lui fit comprendre que je voulais rester seul avec elle.
 

« Je dois y retourner, me dit-il, on a encore besoin de moi.
-Oui, vas-y, répondis-je.
-Une dernière chose, reprit-il, enlève lui son armure si tu peux, on ne sait jamais. »
 

Je ne compris pas très bien de quoi il en retournait mais j’acquiesçais, je n’arrivais de toute façon plus à penser.
 Il sortit en refermant la porte, me laissant seul, entouré par la mort et l’odeur du sang. J’étais l’unique humain vivant dans cette pièce. Cette seule idée me donna la nausée. Je regardais le corps inerte de ma femme et les larmes coulèrent à nouveau. Je soulevais le drap et vis pour la première fois la blessure sous le voile ensanglantée et je ne pus étouffer une exclamation ; à la place de ce qui aurait dû être son estomac se trouvait un trou béant, rouge, presque noir.
Je vomis, ma tête tournait et ma vue se troubla mais il ne fallait pas m’évanouir, pas maintenant.
 
J'essayais tant bien que mal de reprendre mes esprits et commençais à la soulager de son armure, d’abord le gant droit. Les écailles qui d’ordinaire étaient nombreuses semblaient avoir été littéralement arrachées. Je passais ensuite au gauche et constatai avec stupeur que deux de ses doigts étaient brisés. Je dus détourner le regard pour trouver le courage de les remettre en place. Le bruit de craquement qui s’ensuivit résonna dans ma tête et je fus de nouveau pris de haut-le cœur.
Je passai à contrecœur au plastron qui lui aussi semblait gravement endommagé. L’épaisse lanière qui d’ordinaire devait relier les différentes parties de celui-ci était rompue, ce qui me facilita grandement la tâche. Je le jetai non loin de nous.
Il ne restait plus maintenant que les bottes et la tassette qui étaient également reliées par deux lanières de cuir, plus fines cette fois, situées le long des cuisses. Je pris un couteau posé à quelques centimètres du lit et les coupai d’un geste vif, ce qui me permit de retirer ces dernière parties de l’armure.
Je pus ainsi contempler ma femme, Dieu qu’elle était belle…
 

J’écartais les quelques mèches blondes qui recouvraient son visage maculé de terre et de sang et déposa un baiser sur son front. Un goût de fer vint se déposer sur mes lèvres, témoin de la perte de l’être que je chérissais le plus au monde. Je posais ensuite mon regard sur elle, sur sa chemise et son pantalon ensanglantés, sur ses doigts abimés et sur cette horrible blessure à l’estomac et je maudis ce temps, ce désert, cette vie qui ne pouvaient même pas me donner le moyen de nettoyer le corps de cet être qui semblait pour la première fois si chétif. Les tracas de la vie quotidienne me semblaient bien insignifiant comparé à cela et j’aurais donné toute l’eau du monde voir ma femme sourire une dernière fois.
D’autres larmes coulèrent et le silence de la pièce fut brisé par mes pleures.
 

J’étais seul.




Ouvert aux critiques


Dernière édition par Sariel69 le Ven 16 Mar - 20:18 (2012); édité 1 fois
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MessagePosté le: Mer 21 Sep - 21:30 (2011)    Sujet du message: Publicité

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Romain
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MessagePosté le: Jeu 22 Sep - 13:27 (2011)    Sujet du message: [Fic] Sans nom Répondre en citant

Honnêtement?

C'est extraordinairement bien amené, vraiment, j'en redemande, c'est bien écrit, il n'y a pas de fautes, du moins j'en ai pas vu.
Ça me plaît sincèrement, j’attends la suite avec impatience.

Merci, t'écris hachement bien

Je veux la suite (ne te presse surtout pas   Si tu ponds une suite aussi bonne que l'intro, je peux attendre  )
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Sariel69
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MessagePosté le: Jeu 22 Sep - 14:16 (2011)    Sujet du message: [Fic] Sans nom Répondre en citant

Ouais je prends mon temps (surtout que j'ai les cours maintenant).

Là je n'ai posté que deux chapitres, je ne sais pas quand je pourrais poster la suite (j'ai même pas commencé xD)

Merci en tout cas
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Shin
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MessagePosté le: Jeu 22 Sep - 16:55 (2011)    Sujet du message: [Fic] Sans nom Répondre en citant

J'adore.
T'as du talent mec, continue
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Sariel69
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MessagePosté le: Jeu 22 Sep - 17:59 (2011)    Sujet du message: [Fic] Sans nom Répondre en citant

Merci

Des choses à améliorer, des petites erreurs ?
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Romain
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MessagePosté le: Jeu 22 Sep - 18:02 (2011)    Sujet du message: [Fic] Sans nom Répondre en citant

On peut toujours mieux faire, cependant du haut de mon statut d'amateur, j'ai rien vu de mauvais pour une fiction
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Sariel69
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MessagePosté le: Ven 16 Mar - 20:20 (2012)    Sujet du message: [Fic] Sans nom Répondre en citant

Yo ! Je sais que ça fait un moment qu'on ne s'est pas vu mais j'ai repris ma fic et je vous ai posté les parties 3 et 4. Bonne lecture
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Romain
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MessagePosté le: Lun 19 Mar - 19:38 (2012)    Sujet du message: [Fic] Sans nom Répondre en citant

Tu es revenu mon ami Merci.

C'est toujours aussi sympa à lire, moi, j'en redemande
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Sariel69
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MessagePosté le: Lun 19 Mar - 23:22 (2012)    Sujet du message: [Fic] Sans nom Répondre en citant

Merci bien ! J'pence améliorer encore cette partie car on m'a reproché d'être trop "théâtral". J'vais voir ce que je peux faire.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 07:43 (2016)    Sujet du message: [Fic] Sans nom

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